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Barbie® « autiste » déchaîne les passions

Depuis que Mattel a annoncé le lancement d’une poupée Barbie autiste en début de semaine, la bataille des avis fait rage sur les réseaux sociaux, entre ceux qui saluent l’initiative et ceux qui la critiquent vertement, accusant la firme de jouets de faire son marketing sur le dos de l’autisme, en l’essentialisant en quelques accessoires stéréotypés. 

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     Une représentation peut-elle échapper à la simplification voire au simplisme, à fortiori quand il s’agit de figurer ce qui n’est pas ou rarement visible ?  Ce n’est pas un sujet de philo du baccalauréat, mais une vraie question, qui affleure à lire les avis qui s’affrontent depuis que Mattel a dévoilé en début de semaine sa nouvelle Barbie®.

    « La première poupée représentant les personnes avec un trouble du spectre de l’autisme » annonce l’entreprise américaine. Elle entend ainsi contribuer à promouvoir l’inclusion à travers le jeu, comme l’a déjà fait Lego®,  en lançant l’année dernière un petit personnage affublé d’un casque antibruit et d’un cordon tournesol, symbolisant les handicaps invisibles. 

    Développée en collaboration avec une association d’autistes

    Vêtue d’une courte robe trapèze ample « limitant le contact avec la peau », la nouvelle poupée racisée au longs cheveux bruns, a les coudes et poignets articulés, « permettant des mouvements d’autostimulation » et a été « conçue avec un regard légèrement décalé sur le côté reflétant le fait que certains personnes autistes évitent le contact visuel direct » précise le communiqué de lancement. Elle se présente avec un casque antibruit rose sur les oreilles, tient un fidget (une toupie) dans une main et une tablette affichant des pictogrammes de communication alternative améliorée dans l’autre.

    Elle a été développée en collaboration avec l’organisation à but non lucratif  américaine Autistic Self Advocacy Network (ASAN). Organisée par et pour des personnes autistes, avec le mot d’ordre « rien sur nous, sans nous »,  l’association se réjouit sur son site de ce lancement, « avec l’espoir que la poupée puisse montrer à tous les enfants que les personnes autistes sont des membres à part entière de nos sociétés. »  

    Durant les 18 mois de réunions avec la firme de jouets, précise l’association, « nous avons beaucoup parlé du fait que le spectre de  l’autisme s’exprime de nombreuses façons. Une seule poupée ne peut les représenter  toutes, mais nous avons souhaité en partager quelques unes, parce que nous pensons qu’il est important que les enfants puissent au moins en partie se reconnaître dans ces poupées. » 

    Dernière-née d’une collection diversifiée

     Souvent décriée pour sa représentation irréaliste de la femme- rares sont celles qui peuvent se reconnaître dans la bimbo blanche et blonde lancée en 1960, avec ses mensurations irréalistes, qui combine seins avantageux, taille de guêpe et jambes interminables-Mattel a amorcé une diversification de ses modèles depuis dix ans. D’abord avec des morphologies différentes : plus ronde, plus petite. Puis à partir de 2019, avec des poupées en situation de handicap. 

    Après celle en fauteuil roulant, puis avec une prothèse de jambe, la poupée malvoyante avec lunettes noires et canne, le modèle avec un vitiligo, puis celui au visage-légérement- plus rond et aux yeux plus en amande, représentant les personnes avec un syndrome  de Down (trisomie 21), une Barbie® atteinte de diabète de type 1 a rejoint la tribu de quelques 175 modèles l’été dernier. 

    Équipée d’une pompe à insuline et d’un lecteur de glucose en continu, elle ne représente pas tous les diabétiques. Mais elle n’a déclenché aucune polémique, contrairement à la poupée sensée représenter l’autisme, qui déchaîne les passions dans la communauté des personnes concernées et/ou leurs proches depuis lundi.

    Dès l’annonce de sa commercialisation en France, Olivia Cattan, journaliste et présidente de l’association SOS autisme, est montée au créneau pour dire tout le mal qu’elle pense d’une poupée qui prétend représenter l’autisme, « syndrome extrêmement complexe », en le réduisant à une série de signes/accessoires qu’elle juge caricaturaux. « Derrière le discours de la diversité, se dessine une logique marchande qui transforme le handicap en argument marketing et l’inclusion en produit consommable. Peut-on vraiment sensibiliser sans caricaturer, représenter sans stigmatiser ? » interroge-t-elle dans une tribune parue sur le site Atlantico, après avoir écrit à Mattel pour se plaindre.

    Pros et antis s’affrontent sur les réseaux

    Cette médiatisation a rapidement trouvé une large chambre d’écho sur les réseaux sociaux. Comme souvent, le débat y apparaît très polarisé, les échanges confinant parfois à la violence  : entre ceux qui saluent l’initiative, ceux qui dénoncent le business fait sur le dos de l’autisme et le risque de fracasser tous les efforts entamés pour lutter contre les stéréotypes. 

    Caroline, qui vit avec un trouble du spectre de l’autisme, est de celles qui n’aime pas du tout et ne se reconnait absolument pas dans cette poupée « affublée d’un casque ? La belle affaire !!! Ca ne dit rien de ce que je peux vivre au quotidien. Mattel veut faire de l’inclusion ? Qu’ils commencent par embaucher des personnes autistes » s’exclame -t-elle. 

    Diagnostiquée à l’âge adulte, et maman d’une adolescente autiste, Marie, se dit au contraire hyper-heureuse que les femmes autistes, encore mal diagnostiquées et reconnues dans la société, accèdent à la représentation par une marque de jouets.

    Cofondateur et coprésident d’Autisme-Info service, Florent Chapel est aussi de ceux qui applaudissent des deux mains une poupée qui n’a selon lui rien de stigmatisant  : « bien sûr qu’on ne peut pas ramener l’autisme à quelques symboles, convient-il, mais il était temps ! Il se trouve que je n’ai que des garçons (dont un grand fils autiste, NDLR) mais si j’avais aussi une petite fille de 5-6 ans, je lui offrirais sans hésiter un jouet qui permet de normaliser la différence d’un frère ou d’une soeur. » 

    Pour l’auteur et comédien Laurent Savard, la polémique frise le ridicule : « Mattel fait du business ? Comme elle l’a toujours fait. De même qu’aucun film ou série ne peut éviter les stéréotypes, aucune poupée ne peut représenter tous les autistes. Si on ne l’aime pas, il suffit de ne pas l’acheter » confie le père d’un grand adolescent autiste, qui salue la présence, parmi les accessoires de la Barbie®, d’un outil de communication améliorée avec de vrais pictogrammes et « rêve de voir une version masculine qui représenterait mon Gabin, avec ses rollers bleus, à regarder Elmo en boucle sur son smartphone ! »

    Entre les pro et les anti, il y a tout ceux qui avouent au fil des jours leur perplexité pour se positionner dans ce débat. Comme notre journaliste cinéma Pierre Marcantonio, qui observe aussi que l’association qui a collaboré avec Mattel n’est pas n’importe qui et qu’elle « a déjà travaillé avec Pixar, pour les aider à représenter un personnage autiste de manière réaliste dans le court métrage d’animation Renée, sorti en 2020. »

    Du côté de la principale association, Autisme-France, où l’on s’attendait, vue l’ampleur de la polémique dans les médias et les réseaux sociaux, à un afflux de mails, de coups de fils, ou de réactions sur leur page Facebook, surprise ! Seuls une poignée de journalistes se sont manifestés. Alors que les adhérents réagissent au quart de tour dès qu’un politique a un propos déplacé sur l’autisme, aucun ne s’est ému de la sortie d’une poupée, dont Laurent Savard rappelle qu’elle « ne devrait pas occulter les vrais problèmatiques autour de l’autisme : l’accompagnement défaillant, le manque de personnel et de places pour les autistes adultes. » Entre autres.

    Claudine Proust

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