Ritaline chez les étudiants : décryptage d’un emballement médiatique - Zèbres & cie
{{ config.search.label }}

{{ config.notifications.loginFailed }}

{{ config.login }}
{{ config.signup }}

{{ config.profile.alreadyAnAccount }} {{ config.login }}

{{ config.forms.fields.passwordRequirements }}

{{ config.home }} > A vif > Ritaline chez les étudiants : décryptage d’un emballement médiatique

Ritaline chez les étudiants : décryptage d’un emballement médiatique

Il a suffi d’un questionnaire flou, d’un micro-trottoir vide et d’un mot — “Ritaline” — pour fabriquer un phénomène médiatique présenté comme une urgence sanitaire étudiante : anatomie d’un emballement médiatique.

{{ config.mag.audio.label.toLowerCase() }}

{{ config.mag.audio.supplier.attribution }}
Odialab

{{ config.newsletters.subscribe.title }}


    {{ config.mag.related }}


    Des étudiants français dopés à la Ritaline?

    Toute personne qui a regardé RMC-TV le 5 mai s’est trouvé saisi par une information assénée avec autorité et présentée comme « exclusive » : « Pour gagner en concentration des étudiants se tournent vers la ritaline ».

    Fichtre !  On imagine déjà des réseaux organisés de revente de méthylphnidate à la sortie des amphis, la nuit tombée, des étudiants au regard torve détournant des prescriptions médicales -pourtant très encadrées- des jeunes avec un TDAH proposant sous le manteau leur précieux traitement psychostimulant, si fréquemment en rupture de stock …

    Mais sur quelle information se base RMC pour ce « scoop » ? Une étude robuste portée par un organisme sérieux ? Le démantèlement d’un trafic d’importance ? Des alertes de pharmacovigilance liées à un usage détourné de la molécule ?

    Que nenni.

    Mais une « enquête nationale ». Une « enquête » qui se révèle, ni plus ni moins, un sondage commandé par les Sherpas, une entreprise de cours particuliers et de soutien scolaire.

    Une enquête sans échantillon représentatif

    Première surprise : ce sondage est destiné à estimer les stratégies de révision des étudiants. 

    Seconde surprise : il s’agit d’un « panel volontaire» de 1184 élèves. On est ici dans un sondage d’opinion auto-sélectionné et nullement d’un échantillon construit scientifiquement pour représenter l’ensemble des 14-20 ans. On pourrait d’ailleurs détailler tout ce qui rend impropre la définition d’ «enquête nationale », du biais de sélection induit par le recrutement par communautés en passant par l’absence de quota ou de redressement statistique. Mais peu importe, car ce sondage revendiqué de manière honnête par ses promoteurs « non probabiliste» n’est pas en cause.  

    Un sondage qui ne mentionne jamais la Ritaline

    Ce qui « saute aux yeux » c’est moins ce que dit ce document que ce qu’il ne dit pas.

    Jamais ce sondage ne cite la Ritaline. Pas une fois.

    Tout au plus éclaire-t-il qu’une infime minorité (3,7%) de jeunes auto-déclarent avoir recours à des « médicaments/stimulants » dans leur révision, sans aucune autre précision. On peut d’ailleurs légitimement penser que nombre de répondants ne fait pas la différence entre des produits en vente en pharmacie (de type soutien à la mémoire, Guronsan ou autre antiasthénique) et des « vrais » médicaments. 

    Comment les “stimulants” deviennent du méthylphénidate

    Alors comment d’une question légitime « comment les étudiants révisent-ils? », RMC-TV nous mène-t-il à une alerte sur l’usage de la Ritaline décrétée « substance dangereuse pour la santé » par une présentatrice à l’œil préoccupé…

    Premier acte sur le 5/7 de la chaine d’info :  à la sortie du lycée, une journaliste interview un jeune homme, Valentin. Il explique, joli sourire et tignasse dans le vent, que les examens c’est fatigant (certes) et que pour se stimuler « il boit du café ». Diantre. Du café. On en tremble.  Et aussi parfois des boissons énergisantes. Un scoop : les jeunes boivent des boissons énergisantes toute l’année, avant d’aller en discothèque, avant de faire du sport… 

    Puis, la journaliste interroge un autre jeune homme, qui lui ne prend pas de médicaments mais qui pense « qu’il y en a sûrement qui en prennent ». Mais lui non, c’est juré. Bref  l’homme qui a vu l’homme qui a vu le méthylphénidate.

    Et, enfin, pour clôturer ce « reportage » vide d’informations avérées, est appelé à la rescousse un professeur de psychiatrie à Strasbourg spécialiste du TDAH chez les adultes, qui explique que ce n’est pas bien de prendre des psychostimulants quand on n’en a pas besoin (c’est vrai) en en détaille les risques (réels). Il donne (sans doute à son insu) une coloration scientifique à une démonstration inexistante. 

    Fin du reportage. On revient en plateau et la présentatrice lance le sujet « Et vous, prenez-vous de la ritaline cette substance dangereuse pour la santé ? »

    Quand le traitement médiatique crée le phénomène

    La démonstration serait hilarante si elle n’était pas symptomatique : reprenons la même mécanique et remplaçons “Ritaline” par “extraterrestres”.

    Imaginez qu’un sondage auprès d’une communauté passionnée d’OVNI révèle que 3 % des répondants disent croire aux enlèvements extraterrestres. Un journaliste se rend ensuite dans un congrès d’ufologie et interroge des participants : il se trouvera bien un ou l’autre des aficionados pour connaitre quelqu’un qui affirme avoir été rapté par un ET, un soir de pleine lune.

    On imagine alors le retour en plateau et appel de la présentatrice : « Vous aussi vous avez été victime d’un enlèvement par une soucoupe volante, nous attendons vos témoignages ».

    C’est exactement le même procédé : partir d’un signal faible, le scénariser, puis fabriquer artificiellement un phénomène. 

    Ritaline, TDAH et stigmatisation des patients

    RMC-TV nous livre ici une masterclass en mécanique de manipulation de l’information et de diabolisation d’une substance qui aide de nombreuses personnes à vivre mieux. Et nous apprend au passage que « 4 étudiants sur 10 revendiquent un dopage cognitif ». En buvant majoritairement du café.

    Nous attendons donc avec impatience un scoop sur le danger mortel des capsules Nespresso. Et allons de ce pas nous servir un petit kawa pour faire passer notre dose quotidienne de vitamine C.

    C’est grave docteur ?

    Céline Lis-Raoux

    config.read.button
    {{ config.subscribe.process }}
    Zèbres & cie

    {{ config.newsletters.subscribe.title }}


      Nous contacter


      Qui sommes-nous ?


      Où trouver Zèbres&Cie ?


      Confidentialité


      Mentions légales


      Conditions de vente


      © 2026 - Zèbres & cie

      {{ config.cookies.manage }}

      {{ config.newsletters.subscribe.title }}


        config.read.button

        {{ config.read.button }}

        {{ config.subscribe.process }}